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Herz — Desk International · · Résumé 30 s · Article 5 min
Le parlement français a adopté le 21 juillet 2026 une loi permettant à l'Anses d'accorder des dérogations pour l'acétamipride et la flupyradifurone dans plusieurs filières agricoles en difficulté. Le Sénat a approuvé le texte par 214 voix contre 111. Ces deux substances, autorisées dans l'UE, étaient jusqu'alors interdites en France. La ministre de l'Environnement Monique Barbut a présenté sa démission le 22 juillet avant d'être convaincue de rester. Apiculteurs et associations environnementales dénoncent une loi qu'ils jugent désastreuse pour les abeilles et la biodiversité.
Selon The Guardian, le parlement français a adopté le 21 juillet 2026 une loi ouvrant la voie à l'utilisation de deux pesticides jusqu'alors interdits en France : l'acétamipride et la flupyradifurone.
La loi confie à l'Anses — l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, établissement public chargé d'évaluer les risques sanitaires en France — le pouvoir d'accorder des dérogations ciblées aux filières betterave sucrière, pommes, noisettes et cerises, pour lutter contre les maladies véhiculées par les pucerons.
Le Sénat a approuvé le texte par 214 voix contre 111, après adoption préalable par l'Assemblée nationale. L'autorisation des deux pesticides avait été insérée tardivement dans le projet de loi pour faciliter son passage au Sénat, à majorité droite.
Les deux substances sont autorisées à l'échelle de l'Union européenne, mais étaient jusqu'alors interdites en France dans le cadre d'une réglementation nationale plus stricte que le droit communautaire.
Le 22 juillet 2026, la ministre de l'Environnement Monique Barbut a présenté sa démission, déclarant la loi « un recul environnemental de trop ». Elle a finalement été convaincue de rester après un entretien avec le président Emmanuel Macron.
Un recul environnemental de trop
— Monique Barbut, ministre française de l'Environnement, 22 juillet 2026
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La FNSEA — la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, syndicat majoritaire de la profession agricole en France — salue l'adoption comme « une étape majeure et une victoire pour les agriculteurs français ». La ministre de l'Agriculture Annie Genevard y voit des « solutions réelles et concrètes » pour les producteurs.
L'UNAF, principale association française d'apiculture, condamne la loi comme « un désastre absolu pour notre secteur et pour la biodiversité dans son ensemble ». Son porte-parole Henri Clément juge la réautorisation « incompréhensible » après trente ans de lutte contre ces pesticides.
Un désastre absolu pour notre secteur et pour la biodiversité dans son ensemble
— L'UNAF (principale association française d'apiculture), via son président Christian Pons et son porte-parole Henri Clément
Greenpeace France accuse le gouvernement et ses alliés parlementaires de droite de « piétiner la science, la santé, l'environnement et la volonté claire du peuple », qualifiant la législation de « profondément préoccupante » et de « honte ».
L'acétamipride est un néonicotinoïde — une classe d'insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Des études établissent qu'il empoisonne les abeilles en affectant leur capacité de butinage et leur mémoire.
La flupyradifurone n'appartient pas formellement à la famille des néonicotinoïdes, mais partage avec eux un mode d'action proche sur le système nerveux des insectes. Une étude de 2024 suggère qu'elle peut être létale pour certaines abeilles domestiques.
Selon les données du ministère français de l'Agriculture, la production nationale de miel a été divisée par deux entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2010, période coïncidant avec l'introduction des néonicotinoïdes. La perte d'habitat et le dérèglement climatique sont également avancés comme facteurs.
Yves Delaunay, apiculteur en Vendée, illustre l'effondrement constaté dans les années 1990. Sa production de miel est passée de 80 kg à 5 kg par ruche après l'introduction des néonicotinoïdes, et ses colonies de 70 000 à 20 000 abeilles en quelques jours, les insectes se retrouvant désorientés et mourant hors de la ruche.
La loi ne réautorise pas directement les deux pesticides : elle délègue à l'Anses le pouvoir d'accorder des dérogations ciblées. Les critères précis que l'agence devra appliquer pour accorder ou refuser ces dérogations ne sont pas détaillés dans les informations disponibles.
Le développé exact de l'acronyme UNAF n'est pas disponible dans une source vérifiée indépendante. L'article source le présente comme la principale association française d'apiculture.
Oui. L'acétamipride est un néonicotinoïde, une classe d'insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ses effets neurotoxiques sur les abeilles — perturbation du butinage et de la mémoire — sont documentés scientifiquement.
La France appliquait une réglementation nationale plus stricte que le droit communautaire. L'UE autorisait déjà ces deux substances ; la France les avait exclues de son territoire.
Le parlement avait adopté une loi similaire malgré une pétition dépassant 2 millions de signatures. Le Conseil constitutionnel l'avait annulée pour non-respect de la Charte de l'environnement, texte à valeur constitutionnelle consacrant notamment le principe de précaution.
La loi cible les filières betterave sucrière, pommes, noisettes et cerises, confrontées à des maladies véhiculées par des pucerons.
Des études établissent que l'acétamipride affecte la capacité de butinage et la mémoire des abeilles. Une étude de 2024 suggère que la flupyradifurone peut être létale pour certaines abeilles domestiques. La production française de miel a été divisée par deux entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2010.