…
…
International
Herz — Desk International · · Résumé 30 s · Article 4 min
Un ancien membre de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGST), le service de renseignement intérieur marocain, révèle que le Maroc a utilisé le logiciel espion Pegasus à partir de 2017 et pendant quatre ans. Les cibles comprenaient des journalistes, des défenseurs des droits humains, des politiciens français et des membres du gouvernement espagnol. Ces révélations sont issues d'une enquête coordonnée par Forbidden Stories et publiée le 16 juillet 2026 par un consortium de 14 médias. Le Maroc nie avoir utilisé Pegasus contre des critiques.
Un ancien membre de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGST) — le service de renseignement intérieur du Maroc —, identifié sous le pseudonyme « Safir », affirme que le Maroc a commencé à utiliser le logiciel espion Pegasus en 2017. Selon The Guardian, il l'a déployé pendant quatre ans contre des journalistes, des défenseurs des droits humains, des politiciens français et des membres du gouvernement et des forces de police espagnols.
Pegasus est fabriqué par NSO Group, une entreprise israélienne de sécurité informatique fondée en 2010. Il permet d'accéder à l'intégralité du contenu d'un téléphone cible — e-mails, SMS, photos — et d'activer à distance son microphone et sa caméra, transformant l'appareil en dispositif d'écoute.
Le Maroc nie depuis longtemps avoir utilisé Pegasus contre des critiques intérieurs ou étrangers. Les autorités marocaines ont affirmé que les journalistes enquêtant sur NSO Group étaient « incapables de prouver toute relation » avec la société.
En 2017, des représentants de NSO Group ont présenté Pegasus à de hauts responsables et à des experts techniques du renseignement marocain dans une villa à Rabat. La démonstration portait sur l'infection à distance d'un appareil, l'activation de sa caméra et de son microphone, ainsi que l'accès aux données stockées.
La villa était connue sous le surnom « villa FSSYS », du nom de FSSYS Maroc — présentée dans l'enquête comme la branche marocaine d'un intermédiaire de surveillance émirati dénommé al-Fahad.
Selon Safir, Pegasus n'aurait pas été acheté directement par le Maroc. Les Émirats arabes unis l'auraient offert à titre de cadeau entre « services amis » : ils auraient acquis le logiciel et l'auraient redistribué à leurs alliés, le comparant à un abonnement partagé de type Netflix.
En septembre 2017, quatre numéros de téléphone marocains ont été sélectionnés comme premières cibles de test du logiciel au Maroc.
Avant Pegasus, la DGST recourait à des méthodes moins sophistiquées : renseignement humain classique, accès aux terminaux de cybercafés ou vente à des dissidents de téléphones pré-infectés par d'autres logiciels espions. Pegasus n'était réservé, selon Safir, qu'aux cibles de haute valeur, une fois les options moins coûteuses épuisées.
Les révélations s'inscrivent dans une enquête pluriannuelle intitulée « Pegasus Project: Inside the Moroccan Spying Machine », initiée par le journaliste marocain Hicham Mansouri. Elle est coordonnée par Forbidden Stories — une plateforme de l'association Freedom Voices Network permettant aux journalistes menacés de protéger et de poursuivre leurs travaux — et regroupe 14 organisations médiatiques dont Le Monde, Haaretz, El Confidencial, Die Zeit et The Guardian.
Le témoignage de Safir est corroboré par des matériaux divulgués, dont les données du Pegasus Project analysées forensiquement par le Security Lab d'Amnesty International. Deux autres anciens agents du renseignement marocain ont fourni des informations complémentaires et confirmé des faits.
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.
Les millions pour les Émiratis, c'est rien. Les Émirats l'ont acheté et l'ont redistribué — comme Netflix : un ami paie l'abonnement, les autres utilisent son compte.
— « Safir », ancien membre de la DGST, cité par The Guardian
L'identité réelle de « Safir » reste confidentielle. La liste complète des personnes surveillées n'est pas publiée. Le statut exact de FSSYS Maroc et ses liens avec l'intermédiaire al-Fahad ne sont pas documentés par des sources vérifiées indépendantes dans le cadre de cette enquête.
Pegasus est un logiciel espion fabriqué par NSO Group, une entreprise israélienne fondée en 2010. Il permet d'accéder à distance à l'intégralité d'un téléphone — e-mails, SMS, photos — et d'activer son microphone et sa caméra.
« Safir » est le pseudonyme d'un ancien membre de la DGST, le service de renseignement intérieur marocain. Son identité réelle reste confidentielle.
Selon Safir, le logiciel aurait été offert par les Émirats arabes unis à titre de cadeau entre services de renseignement alliés, sans achat direct par le Maroc.
Forbidden Stories, une plateforme de l'association Freedom Voices Network soutenue par Reporters sans frontières, coordonne l'enquête avec 14 médias partenaires dont Le Monde, The Guardian et Die Zeit.
Le Maroc nie avoir utilisé Pegasus contre des critiques intérieurs ou étrangers et affirme que les journalistes enquêtant sur NSO Group sont incapables de prouver toute relation avec la société.